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Au Japon, les rues n’ont pas de nom, comment s’y retrouver ?

Bonjour les voyageurs aujourd’hui sur le blog on accueille Arianna toujours passionnée par l’écriture et le voyage qui nous apprend à naviguer au Japon. Arianna a laissé un morceau de son cœur à Lanzarote et vient de rentrer d’un long voyage au Japon, les yeux pleins de perspectives orientales. Elle raconte ses expériences hors des sentiers battus sur le tout nouveau blog La Fuorviata et est un « homme bande », comme elle aime à se définir, dans un hôtel de la Riviera romagnole. Aujourd’hui, elle nous emmène avec elle au Japon et nous donne un conseil de voyage très utile, elle nous apprend à reconnaître le système routier japonais !

Avant de partir pour le Japon, on était un peu inquiet à l’idée de savoir comment s’orienter au Japon et aussi confus, on se demandait comment on ne pourrait pas se perdre dans ce fourmillement de rues, de routes, de palais et de gratte-ciel du Soleil Levant. On se voyait déjà submergé par les couleurs et les bruits, par l’accélération de la vie dans la métropole de Tokyo. Et elle, debout au milieu de la rue, ne sachant pas où aller.

Comme l’anxiété se tient toujours en haleine, on n’a pas hésité à faire mes recherches pour savoir comment me repérer au Japon et me mettre immédiatement au diapason des différents systèmes (appelés jūkyo hyōji) que les amis japonais très organisés ont imaginé pour identifier un lieu donné au Japon.

On a alors découvert qu’en fait, certains noms de rue existent bel et bien. Takeshita-dōri, Aoyama-dōri, Sanjō-dōri (où ce même -dōri, en japonais 通り, signifie  » rue « ) ne sont que quelques exemples, même s’il s’agit de grandes artères. Pour les routes secondaires, la musique change, car elles n’ont effectivement aucun nom propre pour les identifier. À son grand soulagement, cependant, on a constaté que ce n’est pas un problème.

Comment trouver son chemin au Japon : le système d’adresses japonais ?

En fait, au Japon, une adresse commence par la plus grande zone géographique et se réduit progressivement pour identifier la ville, le quartier, le bloc et le bâtiment.

Pour mieux expliquer, prenons comme exemple un appartement où on a séjourné pendant les jours à Tokyo. L’adresse ressemble à ceci :

1 Chome-13-1 6F Higashiueno, Taitō-ku, Tōkyō-to 110-0015, Japon.

Ne soyons pas effrayés par tous ces chiffres, sachons simplement les lire et tout deviendra plus clair.

Tout d’abord, il faut commencer par la fin : le Japon me semble assez clair comme indication géographique, et jusqu’ici tout va bien !

Tōkyō-to indique la préfecture de Tokyo, en fait le Japon est divisé en 47 divisions territoriales principales, et le numéro à côté de 110-0015 est le code postal.

Étant donné que Tokyo est une métropole, elle contient d’autres villes réelles, qui sont toutefois appelées aujourd’hui des districts ou districts spéciaux (il y en a 23). C’est le cas de Taitō-ku, qui désigne donc le district spécial Taitō (-ku signifie en fait district).

Higashiueno, quant à lui, est le nom du district/cercle actuel au sein de la grande région de Taitō.

Lisons maintenant les premiers chiffres de l’adresse de gauche à droite : 1 Chôme (丁目) indique ce qu’en italien on pourrait appeler district, c’est-à-dire une section supplémentaire dans laquelle le district est divisé. Ces sections, en fait, sont numérotées, et la nôtre est le numéro 1.

Les chômes sont à leur tour subdivisé en unités plus petites appelées banques (番), c’est-à-dire les blocs de maisons que l’on pourrait appeler des blocs. Pour revenir à l’adresse, dans le district 1, on doit donc chercher le bloc numéro 13.

On se rapproche, on l’a presque trouvé ! En effet, il manque l’avant-dernier chiffre, dans le cas encore un 1, qui indique finalement le numéro de l’immeuble (allez 号) où se trouve l’appartement. Le trouver dans le pâté de maisons n’est pas aussi immédiat qu’on pourrait le croire, car souvent la numérotation des bâtiments ne suit pas une logique basée sur leur emplacement dans la rue (c’est-à-dire que le numéro 1 n’est pas toujours proche du 2 ou du 3).

En fait, la numérotation fait référence à la date de construction d’un bâtiment donné, ainsi le numéro 1 sera un bâtiment plus ancien que le 2 et ainsi de suite, et pour cette raison il arrive de trouver le bâtiment numéro 1 près du 100, qui à son tour est construit près du 10 et ainsi de suite.

Maintenant qu’on a trouvé le bâtiment, le dernier chiffre 6F nous indique que l’appartement auquel on doit se rendre se trouve au sixième étage.

Vous n’aurez pas d’autre dieu que Google Maps.

Mais chaque fois que vous devez aller quelque part, devez-vous faire tous ces raisonnements ? À vrai dire, même s’il est important de connaître les règles qui se cachent derrière une adresse japonaise et de savoir l’interpréter en cas de besoin, une fois arrivé au Japon, on ne s’est jamais trouvé dans la situation de devoir le faire.

En fait, Google Maps sera votre allié numéro un pour vous déplacer dans ce dédale de quartiers, de blocs et de bâtiments. Vous mettez l’adresse dans l’application et c’est parti ! Il peut arriver, cependant, que le pointeur sur la carte ne soit pas placé à l’endroit exact de la destination, ou que le smartphone se bloque sur la plus belle ou encore que la connexion wifi fasse des siennes, finalement mieux vaut être préparé !

Grâce aux connaissances de base du système d’adresses et à la technologie désormais accessible à tous, au Japon, on ne se perd presque jamais. Même si, en y repensant, on aurait peut-être aimé errer sans but pour une fois dans la vie, se laisser porter par le courant des hommes d’affaires et des groupes de filles en kimono. Peut-être pour la prochaine aventure !

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